L’épreuve de foi sur le chemin du prêtre, ou quand l’envie de baisser les bras pointe le bout de son nez.

Je vous poste cet article pour parler un peu de moi, de mon chemin ces derniers mois en espérant que cela résonnera chez ceux qui en ont besoin.

Alors qu’Imbolc commençait, j’ai terminé de traverser une épreuve que l’on pourrait décrire comme une « crise de foi ».

Ce qu’il y a de délicat avec ces passages spirituels, c’est qu’on ne se rend compte du chemin parcouru et de l’épreuve passée qu’à sa fin. Comment ce manifeste cette fin ? Très abruptement, on doute comme on n’a jamais douté, on commence à s’énerver.

Au cours d’un cheminement spirituel, on en traverse plusieurs : de nos débuts timides à nos continuités les plus aguerries. Et oui, on y passe tous, même les prêtres, même les plus confirmés, même ceux qui ont une foi des plus ardentes à l’égard des Dieux.

Au delà d’avoir renforcé ma foi, cette étape m’a encore donné une belle leçon d’humilité : à quelques heures près, une nuit de Sabbat, elle se terminait et le test était enfin fini. Humilité et confiance, même quand les Dieux nous testent, c’est pour renforcer notre lien avec eux, pour nous pousser encore plus loin sur ce chemin.

L’épreuve de foi, c’est une véritable chance qui nous est offerte, une opportunité à saisir de faire face à nos faiblesses, de les revisiter, de revoir notre capacité de resilience et d’espérance.

C’est un test qui peut durer longtemps. Chez moi, il a duré plus d’un an. Presque deux, à vrai dire. Du début de ma grossesse en 2019 à Imbolc 2021. Et entre temps, les Dieux ne m’ont pas épargnée.

Est-ce que je me suis découragée? Un peu.
Est-ce que j’ai eu envie d’abandonner ? Souvent.
Est-ce que je me suis éloignée du chemin ? Parfois.
Est-ce que je me suis interrogée sur le sens de ce que je traversais ? Chaque jour.

Mais la finalité, c’est que je suis toujours là, et que j’ai réussi ce test.

Ce que j’en tire ? Que c’est quand on a du mal à voir « au delà » qu’il y a quelque chose. Que c’est quand on a plus la force d’avancer que l’Autre-Monde nous porte discrètement. Que c’est quand on se sent seul que les Dieux sont autour de nous. Ils attendent juste qu’on les voit. Dans leur brume mystérieuse, nous ne sommes jamais perdus, même quand nous sommes désorientés.


La prêtrise, la spiritualité même, est une fonction vivante ! Une voie qui se vit plus qu’elle ne s’apprend ou s’étudie. Un chemin cyclique, très loin de toute linéarité continue et morne. Elle ne stagne jamais : aux cotés des Dieux notre marche est permanente, à l’image de cette Nature dans laquelle nous évoluons. Comme la Lune, comme les saisons, comme la Roue de l’Année.


La prêtrise n’est certes pas une voie facile, elle demande un retour à soi permanent, une capacité de resilience qui ne cesse jamais d’être mise à l’épreuve, elle ne s’emprunte qu’avec foi ; mais c’est la mienne, et si je le devais, je continuerais de la choisir encore et encore, chaque matin.


A ceux qui traversent – ou traverseront – cette épreuve, restez confiants au plus profond de votre coeur que vous ne regretterez jamais toutes les fois ou vous avez eu envie de baisser les bras, et ou vous ne l’avez pas fait.

Parole de prêtresse.

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